Translate

30 mai 2012

Burundi:Lydia NSEKERA : Une femme de tête

Panoramic
Il a fallu attendre plus d’un siècle pour voir la Fédération internationale de football, FIFA, offrir à une femme un strapontin dans son Comité exécutif. Cet honneur est revenu, le 25 mai dernier, à la Burundaise Lydia Nsekera. Une fois n’est pas coutume, dans cette rubrique, l’homme ou la femme de la semaine n’est pas un sportif ou une sportive,mais une dirigeante

Il a fallu attendre plus d’un siècle pour voir la Fédération internationale de football, FIFA, offrir à une femme un strapontin dans son Comité exécutif. Cet honneur est revenu, le 21 mai dernier, à la Burundaise Lydia Nsekera. 

S. Blatter(président de la FIFA)et Lydia Nsekera
Une première historique pour le football africain et pour la planète foot dans son ensemble. Avant d’atteindre un tel niveau de pouvoir, la native de Bujumbura a dû faire ses preuves. Elle est partie de l’échelon le plus bas en dirigeant un club de football féminin dès 2001. 

Lorsqu’elle est élue présidente d’une Fédération burundaise de football en pleine crise, l’Afrique découvre une femme de tête possédant de nombreuses flèches à son arc. Diplômée en sciences économiques de l’université de Bujumbura, elle montre d’abord son talent comme chef d’entreprise ( Garage Tangayika Cars) en prenant la suite de son mari décédé. Dans le même temps, elle active comme auditrice interne pour le compte des Brasseries et Limonaderies du Burundi. Son sens de l’organisation, son engagement, sa capacité de travail exceptionnelle et son entregent séduisent tous ceux qui travaillent avec elle et la côtoient. Dans le monde du sport, ses casquettes sont multiples. 

En effet, dès 2001 Lydia est également élue membre de la commission Femmes et sport au sein du Comité national olympique de son pays. Lorsqu’elle accède à la présidence de la Féderation nationale, ils sont nombreux ceux qui pensent que c’est un accident de l’Histoire et que Lydia Nsereka ne tiendra pas longtemps dans un environnement forcément hostile parce que totalement masculin et souvent machiste. Les sceptiques ont eu tort. Huit ans après, la patronne est toujours là. Mieux, son aura a dépassé les frontières du pays et du continent, maintenant que la mysogine et conservatrice FIFA vient de lui ouvrir ses portes. 
Mais attention, la Burundaise n’est pas une inconnue dans la grande maison zurichoise. Elle a déjà eu à assumer quelques responsablités.En effet, elle a été membre de la commission d’organisaion des tournois olympiques de football entre 2006 et 2008 , membre du comité d’organisation de la Coupe du monde FIFA des moins de 20 ans (Chili en 2008) et, enfin, membre de la Commission du football féminin et de la Coupe du monde féminine depuis 2011. 

Plongée dans l’univers du football dès l’âge de cinq ans par son père qu’elle accompagnait souvent au stade, c’est grâce à lui qu”elle “ attrapé le virus” comme elle aime à le raconter. Son père et son défunt mari ont beaucoup compté dans sa vie personnelle et sa réussite professionnelle. 

A propos de son époux, le jour de son élection, elle fit cette confidence émue devant l’austère congrès de la FIFA: “C'est une date importante dans ma famille, car le 25 mai, c'était aussi l'anniversaire de mon mari, décédé en 2003.” 

Jugée cassante voire arrogante, surnommée “La Thatcher du football burundais” par ses adversaires, elle répond qu’elle est simplement exigeante avec les autres comme elle l’est avec elle-même. Loin d’être grisée par son nouveau statut, elle lance un avertissement : il est hors de question d’accepter de jouer le rôle d’une potiche ou de faire-valoir pour le monde du football: “Nous avons besoin de femmes dirigeantes dans le football", a-t-elle martelé le soir de sa nomination, " je ne suis pas juste un symbole. Quand je prends la parole dans les instances où je siège, les collègues en tiennent compte.Les membres du Comité exécutif viennent d'élire une femme pour travailler avec eux". 

Voilà qui est dit et bien dit. A 45 ans, cette ancienne championne de basket et honorable spécialiste du saut en hauteur n’a pas fini de faire parler d’elle dans l’immensité de l’univers du football.

Aucun commentaire: