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29 novembre 2016

Burundi: tentative d'assassinat de Willy Nyamitwe, conseiller de la présidence

RFI
Au Burundi, un attentat a visé lundi soir 28 novembre Willy Nyamitwe, le conseiller de la présidence burundaise pour la Communication.

La tentative d'assassinat est confirmée à RFI par le ministre burundais de la Communication, Nestor Bankumukunzi, qui explique également n'avoir que très peu d'informations à ce stade. Le ministre parle d'un garde du corps tué et d'un autre blessé. Willy Nyamitwe serait quant à lui sain et sauf.

Pierre Nkurunziza
Selon Ikiriho, journal en ligne proche du pouvoir, il serait légèrement blessé au bras. Le journal en ligne indique que la tentative d'assassinat aurait eu lieu alors que le conseiller en Communication du président Pierre Nkurunziza était en train de rentrer chez lui.

Alain Aimé Nyamitwe, ministre des Relations extérieures et frère de Willy Nyamitwe, affirme sur son compte twitter qu'il s'agit d'une « tentative vaine de déstabiliser les institutions républicaines ».

Le pouvoir burundais est accusé par de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme d'être responsable, depuis avril 2015, d'une répression politique sanglante : 700 personnes tuées, 800 disparues. Selon le journal Ikiriho, Willy Nyamitwe avait déjà été visé par des menaces d'opposants radicaux.

Burundi : RAPPORT N°50 DE SOS-TORTURE / 26 NOVEMBRE 2016

SoS-Torture Burundi
RAPPORT N°50 DE SOS-TORTURE/BURUNDI PUBLIE LE 26 NOVEMBRE 2016
Ce rapport de SOS-Torture couvre la période du 19 au 26novembre 2016 concernant les violations des droits de l’homme au Burundi.

Le rapport évoque les parades militaires des miliciens Imbonerakure affiliés au parti au pouvoir organisées dans tout le pays et publiquement en date du Samedi 19/11/2016. Lors de ces parades, les jeunes miliciens arboraient fièrement des armes en bois en guise de démonstration de force. Ces parades sont très inquiétantes et confirment l’existence d’entrainements paramilitaires des miliciens et une volonté d’instaurer une peur, surtout aux personnes qui n’adhèrent pas aux idées du parti CNDD-FDD.

Au moins trente-cinq (35) personnes ont été arrêtées dans différentes localités. Parmi elles figure un officier de l’armée burundaise du grade de Colonel arrêté illégalement par des agents du service national des renseignements (SNR) alors qu’il vaquait toujours à ses activités. Seules les instances judiciaires militaires sont habilitées à mener des arrestations de militaires en fonction. Au nombre des arrestations se trouvent également des victimes de rafles dans la zone Musaga (sud de Bujumbura).

Parmi les assassinats répertoriés, SOS-Torture Burundi évoque le cas d’un militaire abattu dans la zone Ngagara par un individu armé. Un autre cas qui a aussi attiré l’attention : une grenade qui a tué un jeune enfant et blessé deux autres à Bubanza. Cette grenade appartenait au père de famille, un civil membre du parti au pouvoir CNDD-FDD.

SOS-Torture Burundi fait aussi le point sur la situation carcérale dans les différentes maisons d’arrêt au Burundi. 

En deux mois, le nombre de détenus s’est accru avec une augmentation de 395 détenus de plus ; passant de 9.420 détenus à 9.815 détenus entre mi-septembre et mi-novembre. A ce rythme, les détenus pourraient atteindre les 10.000 d’ici peu, ce qui est très alarmant au vu des conditions carcérales déjà très précaires.

Enfin, le rapport termine sur le mot du Directeur de SOS-Torture Burundi qui réagit positivement à la nomination des membres de la Commission d’enquête pour le Burundi par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.






Burundi : Un jeune étudiant de l’Université Nationale tué dans des conditions obscures

Bonesha Fm
Un jeune homme nommé Enoce Gapero est mort la nuit de samedi 26 novembre 2016, tué dans des conditions très obscures dans les enceintes de l’Université du Burundi au campus Mutanga.
Selon des sources en provenance du Campus ,le jeune homme rentrait plus tard dans la soirée quand un groupe d’autres jeunes l’a surpris en état d’ébriété , ils l’ont battus jusqu’ à ce qu’il soit dans le comma. 
La police de sécurité du Campus Mutanga l’a acheminé à l’hôpital roi Khaled mais la victime n’a pas eu des soins. Il a succombé plus tard à ses blessures .
Les membres de sa famille n’ont pas encore eu des informations concernant les conditions de sa mort.

Ce jeune était étudiant de la faculté de psychologie de l’Université du Burundi. Il habitait au campus Mutanga et était originaire de la province de Mwaro au centre du pays.

27 octobre 2016

Burundi : Les grands acteurs du détournement des fonds de l'AMISOM

Radio Publique Africaine

Le détournement des fonds des recettes AMISOM a été maquillé par les architectes dudit détournement. Des sociétés et des personnalités douteuses apparaissent dans le pseudo- dossier d’achat du jet présidentiel pour une valeur de plus de 15 milliards de francs burundais.

Deux noms retiennent une attention particulière dans le dossier du jet présidentiel tant annoncé par le pouvoir de Bujumbura.

Arnaud Poisson 
D’abord, celui d’Arnaud Poisson. Il est présenté comme "Directeur de la société Air Jet Consult". A ce titre, c’est lui qui signait sur toutes les factures dont le destinataire est la République du Burundi. 

Paradoxalement, l’entête de la facture dont la RPA a obtenu une copie porte le nom d’une société dénommée "Air Jet Consult Limited" alors que Arnaud Poisson signe comme Directeur de la société "Air Jet Consult" tout court.



C’est le même Arnaud Poisson qui envoyait des mails à un certain Cherif Bocoum Aidara. Parmi les mails figure celui du 22 Août 2014 pour signifier à Cherif Bocoum Aidara que "la date butoir de payement de la dernière tranche pour l’achat du jet présidentiel est fixé au 26 Août 2016".

Général Alain G. Bunyoni
La deuxième personne clé à intervenir dans le pseudo-achat du jet présidentiel est ce Sherif Bocoum. Il apparaît dans ce dossier non seulement comme un intermédiaire entre Alain Guillaume BUNYONI, à l'époque Chef de cabinet du Président Nkurunziza, et Arnaud Poisson mais également comme Ambassadeur du Burundi en Côte d’Ivoire.

Dans un mail qu’il a transféré à un certain "Mutama", propriétaire du compte mail mutama2@rocketmail.com et que ce dernier a transféré à son tour sur le compte mail ta.manirakiza@gmail.com de Tabu Abdallah MANIRAKIZA ancien Ministre des finances, il apparaît comme intermédiaire entre Arnaud Poison, patron de Air Jet Consult et Alain Guillaume Bunyoni.

D’après nos investigations, le propriétaire du compte mail mutama2@rocketmail.com n’est autre qu'Alain Guillaume BUNYONI; tandis que le compte mail mutama1@rocketmail.com appartient au Président Pierre NKURUNZIZA en personne.

Nos enquêtes nous ont permis d'apprendre que le nom de domaine rocketmail.com était fourni à l’époque par certaines sociétés dont l'une d'elles appartient à Willy NYAMITWE depuis 2008; Willy Nyamitwe qui est le conseiller principal du Président Nkurunziza en matière de Communication.

Dans les mails que Sherif Bocoum Aidara a échangé avec Alain Guillaume BUNYONI, il apparaît donc comme Ambassadeur du Burundi en Côte d’Ivoire car utilisant deux comptes mails à savoir ambassadeduburundi.ci@gmail.com et amb.sherrifaidara@yahoo.fr .

Plus tard, Sherif Bocoum Aidara épousera un membre du gouvernement NKURUNZIZA à l’époque chargée des questions de l’E.A.C.

  Président du Burundi
Pierre Nkuruniziza
Deux ans après ces transferts de fonds, le jet présidentiel n’a jamais atterri à Bujumbura. Pierre NKURUNZIZA, réagissant le 3 octobre 2014 sur son compte facebook confirmait l'achat d'un jet présidentiel en ces termes: « Le gouvernement de la République du Burundi, appuyé par ses partenaires bilatéraux, vient d’acquérir un avion présidentiel. Toutes les procédures de payement, d’immatriculation et d’autorisation y relatives sont terminées. Il ne reste que le rapatriement de l’appareil, qui ne devrait pas tarder ; Cet appareil vient résoudre les tracasseries liées aux différents déplacements du Chef de l’Etat à l’étranger ».

Au final, c’est plus de 15 milliards de francs burundais qui ont été l’enjeu du détournement. Ce montant colossal représente l'équivalent de plus de 145 centres de santé équipés.

Burundi : "Quand on tue quelqu’un à Bujumbura, c’est comme si on le tuait ici à Paris " Rencontre avec Gaël Faye

Iwacu

Né à Bujumbura, Gaël Faye, chanteur, rappeur, poète, auteur-compositeur-interprète, reste attaché au Burundi, pays qu’il a quitté à 13 ans. La  Fédération nationale d’achats des cadres   (Fnac) vient de décerner à son premier roman « Petit pays » le prix 2016. Il partage avec Iwacu sa joie et sa compassion pour le Burundi.

Quel est votre sentiment aujourd’hui ?

J’ai de la reconnaissance vis-à-vis des 400 libraires et 400 adhérents qui ont voté pour mon roman parmi toute une panoplie de livres. Je suis très content parce que contrairement à d’autres années où ce prix était décerné entre maisons d’édition, pour cet automne, ils ont associé d’autres. C’est vraiment des lecteurs qui ont élu ce livre, un panel de gens différents. C’est un plaisir pour moi que cet évènement ait touché un large public.

Ce qui me rend encore plus heureux, c’est le sujet du livre : peu de gens sont au courant du Burundi. Grâce à sa présence dans les librairies FNAC, ce livre sera très bien distribué. En France, on va commencer à avoir à travers ce roman, un début d’idée de ce petit pays d’Afrique.

On vous sent très ému…

C’est une fierté pour moi parce que quand je suis arrivé en France à l’âge de 13 ans et qu’à l’école, je disais que je viens du Burundi, tout le monde disait c’est quoi, c’est une ville ? On n’a jamais entendu parler… C’est un petit combat que j’avais depuis cette époque.

Pouvez-vous en quelques mots nous raconter votre roman ?

Il parle d’un enfant qui s’appelle Gabriel dont le père est français et la mère rwandaise et qui vit dans une impasse dans le quartier de Kinanira à Bujumbura, capitale burundaise. On suit cet enfant sur deux années (1993-1995). Son monde va basculer. Au départ, il a une vie heureuse, un quotidien très banal d’enfant avec sa bande de copains, ses parents, il est heureux à Bujumbura, il vit dans un quartier résidentiel, tout va très bien.

La première chose, ce sont ses parents qui se séparent et, en toile de fond, apparaissent en 1993, les premières élections démocratiques au Burundi. Au début, il prend cela pour un jeu : il voit l’Uprona, le Frodebu, les couleurs, les signes qu’on fait, etc. Il a vraiment l’impression d’être dans un match de foot, il y a une euphorie, une liesse de joie populaire d’avoir la démocratie. Il entend tout cela et se dit que c’est la joie des gens qui enfin décident de leur destin.

Après, il y a la bascule avec le coup d’état, la violence qui s’immisce dans la vie au pays. Et comme sa mère est rwandaise, il voit aussi de loin la guerre au Rwanda qui se termine par le génocide. C’est la descente du petit pays aux enfers. Lui, il assiste à tout cela, il veut essayer de ne pas prendre partie et de rester un enfant.

Malheureusement, la guerre assigne toujours des identités à tout le monde. Une fois en France, il se découvre et pense appartenir à cette histoire avec la violence qui va avec.

Est-ce une histoire réelle ou de la fiction ?

C’est une fiction dans le récit, les situations dont je parle sont complètement inventées. Par contre, la partie autobiographique est à divers degrés : cet enfant a les mêmes origines que moi, ce qui me permet de donner au narrateur plusieurs points d’entrée, de ne pas faire que du Burundi, ce qui m’aurait pas permis de parler du Rwanda comme je le fais. Lui donner cette appartenance au Rwanda et à la France, cela me permettait également de l’inscrire dans l’exil, l’inscrire dans un retour, il y avait tout une histoire lui donnant en même temps un carrefour de mes propres identités, de lui faire passer par les mêmes interrogations qui moi-même m’avaient traversé.

En tant que narrateur, j’ai vécu presque les mêmes années au Burundi, donc, cette situation politique, je l’ai ressentie également. A la différence du narrateur qui lui, est lucide de ce qui se passe, moi, je ne l’étais pas à cette époque-là. J’ai compris à postériori, bien des années plus tard, ce qui s’était passé au Burundi.

Pourquoi ce retour dans l’histoire non récente du Burundi ?

Pour moi, ce n’est pas aussi lointain que ça. A la différence d’un journaliste qui travaille sur l’actualité, en tant qu’artiste, je dois prendre du recul pour traiter un sujet. J’ai besoin de me délivrer des passions. Il serait impossible aujourd’hui d’écrire sur ce qui passe actuellement au Burundi parce que l’histoire est en marche. Quand on prend une certaine distance avec l’histoire, ça permet de laisser la place à l’imaginaire.

On dit souvent que les 1ers romans ont souvent une part autobiographique.N’est-ce pas le cas ?

Les gens écrivent soit pour se délivrer d’un poids ou de quelque chose, de la thérapie ou une catharsis. Moi, ce n’était pas le cas car je m’étais déjà délivré de cette histoire en quelque sorte avec ‘Pili pili’sur un croissant au beurre’. Ça peut être une première possibilité d’écrire sur une histoire qui m’avait traversé, que j’avais ressentie.

Quel est le message voulez-vous transmettre à travers votre premier roman ?

Parfois, les sociétés voudraient mettre la violence à distance en se disant que la violence des autres n’est pas la nôtre, ce qui se passe ailleurs ne nous concerne pas. C’est un peu ce que le narrateur essaie de faire, il se dit hutu ou tutsi, ce n’est pas mon problème, moi je suis métis. Il s’enferme d’abord dans son impasse et ensuite quand la guerre s’y infiltre à travers la conversation des enfants, il finit par s’enfermer dans la lecture en se disant que ça va être une porte de sortie. Pourtant, même à l’intérieur de ces livres, la guerre finit par le débusquer.

J’ai voulu inventer cette impasse métaphoriquement parce que quand il y a eu des attentats en France, au début de 2015, c’est à ce moment que j’écrivais ce roman, j’ai eu l’impression que les Français découvraient la violence. On assassine des journalistes avec des kalachnikovs et d’un coup, les Français sont traumatisés. C’est normal mais
c’est comme si la violence faisait irruption d’un coup, qu’elle n’existait pas. Or, elle a toujours été là. Jusqu’à présent, la France a porté la violence ailleurs comme si elle n’a jamais existé sur son territoire. C’est cela qui me questionnait, comment transmettre comme disait Césaire, un homme qui crie quelque part, c’est moi qui crie. Tous les êtres humains sont liés, quand on tue quelqu’un à Bujumbura, c’est comme si on le tuait ici à Paris et inversement.

Votre roman vient sortir en pleine crise politico-sécuritaire au pays. Que va-t-il apporter ?

Il peut donner un point d’entrée pour des gens qui ne connaissent pas la situation au Burundi.


Je suis sûre que la plupart de mes lecteurs s’ils entendent dans les informations quelque chose sur le Burundi, ça va pas les intéresser alors qu’avec une œuvre artistique, c’est comme s’il y a quelque chose d’émotionnel, de personnel, etc. C’est une autre manière d’atteindre quelqu’un par un autre biais, le toucher plus profondément. Là, on fait connaissance avec des personnages, avec des psychologies.

10 août 2016

Burundi: l'enquête pour retrouver le journaliste Jean Bigirimana se poursuit

Rfi
Les journalistes burundais d'Iwacu poursuivent leur enquête pour essayer de retrouver leur collègue Jean Bigirimana. Il a disparu le 22 juillet, enlevé par des agents du Service national de renseignement (SNR), selon plusieurs témoins, mais la police assure qu'il n'est pas détenu par les forces de sécurité.

Un nouveau rebondissement, dans l'affaire, a eu lieu il y a quelques jours. Les journalistes ont reçu des informations faisant état d'un corps aperçu dans la rivière Mubarazi.

« Les premières informations recueillies évoquaient la disparition de Jean Bigirimana dans cette zone-là. La seconde information, c’est que la population du coin a évoqué des coups de feu il y a quelques jours, mais il fallait que les journalistes vérifient quand même. Aujourd’hui, on ne peut pas dire formellement que c’est Jean, dans la mesure où les journalistes n’ont pas pu approcher le corps. C’est donc au fond d’un ravin très escarpé et ils n’avaient pas les moyens d’arriver sur ce corps. Nous avons donc transmis toutes ces informations à la Commission pour les droits de l’homme [CNIDH, ndlr] et nous pensons que, pour le moment, c’est leur rôle, c’est le devoir, d’ailleurs, de la police, de la Commission pour les droits de l’homme de remonter ce corps pour identification », raconte le directeur du journal Iwacu, Antoine Kaburahé.

La police n'a pas encore récupéré le corps

En fait, il a fallu que les journalistes d'Iwacu se rendent à deux reprises sur les lieux pour découvrir ce corps. Samedi, ils avaient eu la surprise de voir que des policiers, des agents du Service national de renseignement et la Commission nationale pour les droits de l'homme étaient sur place. Ce jour-là, personne n'avait rien trouvé. Les journalistes n'ont découvert le corps que le lendemain, en empruntant un chemin différent. Depuis, ils ont publié le résultat de leur investigation sur leur site internet, mais la police n'est pas intervenue pour récupérer le cadavre.

Le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiyé explique ne pas avoir reçu d'informations formelles. « Est-ce que mettre des informations sur internet, ça signifie porter plainte ou dénoncer auprès de la police ? Parce qu’ on sait que sur internet, toute personne peut mettre tout ce qu’elle veut. Jusqu’à maintenant, la police n’est pas informée de l’existence de ce corps et aucune personne, aucun témoin n’est venu dire à la police qu’il y avait un corps quelque part. Je pense que la descente de la semaine passée, effectuée samedi avec la police, le Service national de renseignement, la CNIDH et l’équipe du journal Iwacu s’est révélée infructueuse. Et c’est jusque-là, au niveau de la police, qu'on n’a pas d’autres informations », a-t-il déclaré.

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